Faut-il sauver le Marité ?
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À 16 ans, Alexis Carlin possède déjà un palmarès bien fourni. Mais le sociétaire du VC Saint-Lô/Pont-Hébert ne compte pas s'arrêter là. Il rêve en effet de devenir professionnel. Touche à tout du sport, né en 1992, il pratique successivement le judo, le hockey sur roller et même le rugby avant de se diriger vers le foot au club d'Agneaux : « J'occupais le poste de milieu gauche. Je me débrouillais plutôt bien », se souvient Alexis. Sans pression aucune, il s'est dirigé vers le vélo : « Mes parents ne m'en ont jamais parlé parce qu'ils se doutaient que ça viendrait naturellement. » Il débute donc en minimes 1 en fin de saison 2005, non pas parce qu'on l'a poussé « mais parce que j'ai souhaité prendre une licence. » Largué dans la première course, il se fait rejoindre dans le dernier tour dans la seconde et termine dans le peloton lors de la troisième.
Le rêve de passer pro
L'année suivante, il aligne dix-huit succès sur route en minimes 2 (champion de la Manche et de Normandie) et en cadets 1, quatre bouquets et une place de 6e au régional. « En toute objectivité, il a une vision exceptionnelle de la course, meilleure que la mienne », analyse le papa entraîneur pour qui la tâche ne semble pas plus compliquée que cela : « C'est plus dur pour lui que pour moi à gérer. Ce n'est que du bonheur. Je ne peux que lui apporter des conseils », enchaîne Claude, préparateur de ses entraînements : « Je suis contre les méthodes actuelles. C'est trop stéréotypé. Les sorties doivent être adaptées à l'athlète. Quand je courais, il fallait 120 kilomètres de sortie pour certains, tandis que 80 me suffisaient. »
La famille suit avec intérêt les performances d'Alexis. Ludwig, le frère aîné et la maman, Carole : « Petit, il était speed, il grimpait partout. Il avait à peine deux ans qu'il faisait déjà du vélo sans stabilisateur. » Plus stressée que lorsqu'elle assistait aux courses de son mari ? « C'est différent, j'ai toujours peur de la bûche. Je le laisse rêver quand nous échangeons sur son désir de passer pro, alors que je freinais davantage Claude. » Une situation que maîtrise et rectifie le papa entraîneur : « L'objectif est évident mais le tout est d'avoir parfaitement les pieds sur terre. Tout peut aller très vite dans les deux sens. »
« On refait la course du dimanche pendant trois jours et les quatre derniers de la semaine, on prépare la suivante », dit avec un certain humour celui qui a signé son cinquième succès dimanche dernier. Penser à sa reconversion ? Oui. « Je suis en seconde générale et j'aimerais passer mes Brevets d'État pour manager dans le vélo. » Belle histoire d'un père et fils passionnés.