Quels espoirs pour l'AS Cherbourg ?
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Baby-sitting



Cajoleur, enjôleur, difficile de faire plus proche de ses joueurs que Noël Tosi, ici avec sa recrue guinéenne, l'attaquant Aboubacar Sylla. L'entraîneur cherbourgeois a érigé en art sa communication auprès de ses équipes. : Antoine SoubigouManquent à l'appel Bébé Kambou et Christel Kimbembé. En vacances plus tard que leurs camarades, pour cause de matches éliminatoires de la prochaine Coupe du monde avec leurs sélections nationales respectives, le milieu de terrain burkinabé et le défenseur congolais jouent les prolongations. Quant à Kevin Aubin, il dispose d'un autre mot d'excuse pour son absence : la doublure de Fabrice Catherine, qui se ménage à raison une poire pour la soif, était retenue par son (vrai) travail.
Les paris, culture club
À son habitude, Noël Tosi tient à détendre tout de suite l'atmosphère. L'entraîneur pose sa marque de fabrique, cajole les nouveaux, renforce les anciens dans leur rôle de cadres, distribue les rôles. Untel est préposé aux chasubles ; untel aux ballons ; untel au positionnement sur le terrain des cages, qui serviront plus tard. Ça rigole, ça se chamaille, le ton est donné. On s'oriente vers l'ambiance à laquelle on doit le ciment de l'an passé. « Il faut quand même un effectif, pas qu'on soit à la ramasse, qu'on tire les conclusions de ce que l'on a fait l'an dernier, avertit cependant le technicien. On avait démarré avec quinze joueurs, onze titulaires et pas de remplaçants au premier match où on perd 3 points contre Romorantin. Si on les avait eus, on sait où on serait aujourd'hui. Il faut donc éviter de reproduire les erreurs du passé. » Soit serrer les rangs, et travailler d'arrache crampons pour combler les départs. « Huit, c'est beaucoup », déplore Tosi. Et si le club s'est attaché à boucher les trous ¯ dès la deuxième semaine de juin le recrutement était finalisé même si tous les contrats attendaient encore les paraphes des intéressés histoire de ne pas heurter avant ses conclusions une DNCG prompte à se braquer ¯ il manque encore très officiellement un élément pour muscler l'entrejeu. La fin de convalescence de Loïc Binet attendra encore environ deux mois, et Cherbourg reste à la recherche d'un récupérateur organisateur d'expérience pour suppléer son absence, « une obligation ».
Sur le papier, le profil du groupe s'annonce solide dans toutes les lignes. Deux points clés suscitent néanmoins la question. 1) Il sera difficile de succéder à Ménétrier. Catherine affiche un style étonnamment proche de celui de son prédécesseur, quelques impressionnantes parades lui ont d'ailleurs valu des applaudissements de la poignée de supporters, hier. La compétition confirmera-t-elle l'impression ? 2) Pas simple de faire oublier Youssef Adnane, serial buteur aux 20 réalisations la saison dernière. « Comme l'an dernier avec Lugier et Inkango, on a tenté des paris avec Sylla, Mangara, Durand, et Revert, souligne l'entraîneur. Sur les risques que l'on prend, si deux s'avèrent payants, bingo ! » Bingo pour quoi ? Pour l'instant, Raminagrobis Noël se garde bien d'évoquer la L2, annonce juste vouloir faire progresser le club. Au moins dans ses structures. Au plan sportif, l'ambition consiste juste à faire office de poil à gratter. Le plus si affinités attendra.
Olivier CLERC.