Faut-il sauver le Marité ?
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Bref, c'est la mobilisation de tout un secteur pour défendre ce type de contrat de travail. Beaucoup vont jusqu'à craindre la disparition de toutes ces structures. Patrick Le Gall, qui coordonne les activités d'une trentaine d'associations en Basse Normandie, note que « depuis le 1er janvier, la baisse du taux de prise en charge des contrats aidés pour les chantiers d'insertion, représente 700 000 €. » Un manque à gagner que les entreprises d'insertion sont incapables de prendre en charge.
Public en difficulté
Dans l'agglomération de Cherbourg, on estime entre 400 et 500 le nombre de travailleurs concernés par ces mesures d'aides. « Nous n'avons plus les moyens d'accompagner ces personnes vers l'emploi, estime Bruno Guisti, le directeur de l'association au fil de l'eau. Nous nous adressons à des publics en difficultés. Nous leur proposons un vrai contrat de travail, une fiche de paie. Sans cela, on le sait bien, ils perdent l'envie de se battre. » L'utilité de l'emploi aidé est encore plus sensible dans une agglomération qui concentre plus du tiers des bénéficiaires du RMI, dans la Manche. « Ils sont 5 000, dont 1 600 dans la ville centre », ajoute le maire Bernard Cazeneuve. « On fragilise le tissu social, alors que c'est un secteur qui produit de la richesse et qui fait de l'économie. » Le maire craint aussi que cette suppression des contrats aidés n'entraîne une augmentation des dépenses des collectivités locales. Et puis, ajoute t-il, « quel est le sens du grenelle de l'insertion dans un tel contexte ? »
Frédéric Bastian, l'adjoint aux affaires sociales, pour sa part, est effrayé par le « vrai problème de santé publique » que cette suppression va entraîner. Il faut savoir que pour chaque contrat, 80 % des financements sont des aides.
Que faire ? Bernard Cazeneuve veut employer les grands moyens pour « obtenir la correction de la mesure » : « Nous allons d'abord demander au préfet des informations qui permettent d'amortir le choc de la perte sèche des contrats et de leurs financements. Et nous allons engager une campagne nationale. Si chaque parlementaire, dans tous les bassins d'emplois, pose des questions écrites au gouvernement, cela va se voir. »
Car si la mesure s'applique, « on condamne pour longtemps des gens au chômage et à la misère. »
Thierry DUBILLOT.