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Les fonctionnaires voulaient protester contre les suppressions de postes, qui pénalisent les usagers de la fonction publique. Cinq organisations syndicales appelaient à cette manifestation : la FSU, la CFDT, UNSA, Sud Solidaires et la CGT. Globalement, elles ont été bien entendues : les chiffres fournis par le rectorat d'académie l'ont confirmé : un peu plus de 50 % de grévistes dans les écoles primaires de la Manche, et un peu plus de 35 % dans l'enseignement secondaire. Des chiffres contestés par les organisations syndicales : « Ils prennent en compte l'ensemble des fonctionnaires, y compris ceux qui sont en repos. » Les syndicats ont pris l'habitude d'y ajouter 10 %. « La mobilisation est plus importante que le 24 janvier dernier », notait d'ailleurs Ralf Lejamptel, pour l'intersyndicale. C'est lui qui a pris la parole sur la place de la République. « L'enjeu de cette journée de lutte est énorme. Les adversaires les plus résolus des services publics à la française sont au pouvoir et la privatisation de la fonction publique nous est imposée à marche forcée... Ne nous laissons pas faire, c'est bien nous qui avons le sens de l'intérêt général, et le défendons ! »
Fonctionnaires découragés
Les lycéens étaient en tête du cortège. Notamment ceux de Tocqueville. Dans leur établissement, à la rentrée de septembre 2008, cinq postes de professeurs seront supprimés et quatre départs à la retraite non remplacés. Une des situations emblématiques de ce cortège, où l'on entendait parler essentiellement de réduction d'effectifs, de charge de travail accrue et de baisse du pouvoir d'achat. « Il faut décourager les fonctionnaires à tout prix, les assommer, en imposant des objectifs ineptes, et faire du chiffre, toujours du chiffre, au détriment des populations, que ce soit les salariés, les chômeurs ou encore les immigrés. »
Au cri de « Un pas en avant, deux pas en arrière, c'est la méthode du gouvernement ! », sous des banderoles du type « Lycéens : galère, profs : misère », la manifestation a emprunté en un long ruban chahuteur, le quai de Caligny, avant de rejoindre la place du théâtre, puis la sous-préfecture. Les manifestants n'ont d'ailleurs pas été reçus, puisque le sous-préfet, comme le secrétaire général étaient absents.
Les manifestants sont alors retournés à leur point de départ, la place de la République, avant de se disperser sans incidents.
À Cherbourg comme dans les autres villes de l'agglomération, la plupart des écoles primaires étaient d'ailleurs fermées hier. À Querqueville, par exemple, un service d'accueil était organisé suite à la fermeture des classes de l'école publique. Vingt-cinq élèves en ont profité.
Thierry DUBILLOT.