Faut-il sauver le Marité ?
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Le chef d'État-major de la marine des Émirats Arabes Unis (au centre, gants blancs) a visité hier la corvette actuellement en construction à Cherbourg. Le propriétaire des CMN, Iskandar Safa, (au centre, casque bleu) a accueilli la délégation. : Une autre délégation, accueillie par Iskandar Safa lui-même, était emmenée par le chef d'État-major de la Marine des Émirats Arabes Unis. Le major général Ahmad Tenaiji a effectué une revue de détail de la corvette Baynunah, actuellement en cours d'équipement. Sa mise à l'eau est prévue pour l'été 2009.
« Particularité de ce navire, il sera armé au maximum des possibilités de CMN, précise Eric Berthelot, directeur commercial et du marketing. C'était un challenge pour nous, car il a fallu concevoir cette classe de bateau qui n'existait pas. » Soit environ 100 000 heures d'ingénierie.
Ce navire de 72 m de long pourra accueillir jusqu'à 60 membres d'équipage. Il aura nécessité 400 000 heures de construction pour une livraison en 2011. « Une fois que nos équipes auront effectué tous les essais possibles sur cette corvette, qui constitue pour nous un pilote. »
Car il s'agit de la première de six corvettes prévues dans le contrat signé en 2003 entre CMN et la Marine des Émirats Arabes Unis. « Trois autres sont actuellement en cours de construction sur le chantier naval d'Abu-Dhabi, dans le cadre d'un transfert de technologie. Une dizaine de personnes de CMN assurent la liaison entre Cherbourg et les Émirats. »
Retour en Lybie ?
Ce programme devrait s'achever vers 2014. Au final, un contrat portant sur quelque 800 millions d'euros, « qui nous permet de respirer un bon moment », concède Eric Berthelot. Et après ? « Nous sommes toujours en chasse ». Outre un programme en cours avec le Brésil, portant sur 12 navires, CMN a des perspectives en Lybie, « pour qui nous pourrions assurer de la remise en état de navires que nous avions construits », ainsi qu'au Kazakhstan.
Même avec un coût de la construction navale plus élevé en France que dans les pays émergents, et une parité dollar/euro pas vraiment favorable aux Français, les CMN demeurent une référence. Et permet de leur redonner de l'air. Actuellement l'effectif global de production sur le chantier de Cherbourg est de 600 ouvriers... mais la moitié est employée en sous-traitance.
Nathalie LECORNU-BAERT.