Le Président met la ville en ébullition
« Il a fallu des décennies d'apprentissage pour maîtriser de tels savoir-faire. Je veux vous dire combien la France est fière de vous. » Nicolas Sarkozy, lors de son discours. : Jean-Yves Desfoux
La visite du chef de l'État n'est pas passée inaperçue hier. Il y avait de l'effervescenceautour du Terrible.
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Deux mille manifestants devant DCNS. 10 h 30 sur le parking à bonne distance de la porte principale : les drapeaux de la CGT claquent au vent au-dessus du petit groupe de manifestants qui attend sous la pluie glacée. Une heure plus tard, la manifestation a pris de l'ampleur, notamment avec les 500 lycéens venus de la place du théâtre en manifestation, accompagnés des parents d'élèves de la FCPE.Un peu plus tard, les personnels de la Fondation du Bon Sauveur prennent la parole. Tout en humour, ils en appellent « au recours à la force pour hospitaliser d'office une caricature d'homme politique se faisant passer pour le Président de la République ». Un peu plus tard, face au cordon de CRS qui s'est refermé pour bloquer l'entrée de DCNS, ils jouent le simulacre d'arrestation. L'opération aura pour résultat un long face à face avec les forces de l'ordre, dont se seraient bien passés les responsables syndicaux. Après un moment, quelques manifestants ont lancé des objets (canettes, pierres...) sur les CRS, qui finalement ont éloigné tout le monde à l'aide de gaz lacrymogènes.
Syndicats. Alors que l'audience ne devait durer que quelques minutes, dans une alvéole de l'atelier coque, le chef de l'État a exigé d'avoir une salle pour recevoir les représentants syndicaux. Cet entretien a duré près de trois quarts d'heure. La CGT et FO ayant refusé de participer à cette rencontre, le président a annoncé à la CFDT et à l'UNSA, qu'il était soucieux de l'avenir des industries de pointe Françaises. Il a affirmé que l'avenir de DCNS Cherbourg était assuré par le programme Barracuda, comme celui de Lorient avec les frégates multimissions. D'après lui, seul le nombre de Barracuda, qui pourrait être de 5 ou 6 est en discussion. Le président s'est aussi voulu rassurant, en assurant que « Cherbourg ne serait pas touchée » à propos de la réorganisation des États-majors et services communs du ministère.
Un jeune homme en garde à vue. Un jeune Valognais est resté en garde à vue hier une bonne partie de la journée. Les policiers l'ont interpellé en fin de manifestation. Ils lui reprochaient le jet d'objets sur les forces de l'ordre. Passible d'une contravention, il a été remis en liberté.
Un coût. 500 000 € c'est le coût estimé par DCNS pour cette cérémonie. Un prix qui ne tient compte que de la communication : prise en charge des journalistes et des invités, traiteur, mise en scène... « C'est raisonnable par rapport à l'importance de la cérémonie et à l'impact que nous pouvons espérer. Une campagne de publicité nous aurait coûté beaucoup plus cher », estime un des responsables de la communication de DCNS.
Klein Familie. Avant de reprendre l'avion pour Paris, le président de la République a reçu les familles éprouvées par le naufrage du Klein Familie, où cinq marins avaient perdu la vie, il y a deux ans. Au cours de cette audience, en présence des parlementaires, Nicolas Sarkozy a annoncé que la France mettrait à profit sa prochaine présidence de l'Union pour sensibiliser les autorités de Malte à la nécessité de faire aboutir les procédures pénales en cours. Il a également précisé que l'Enim faciliterait la juste indemnisation des familles, dans le cadre de la procédure en cours à Dunkerque.
Mobilisation. Le dispositif policier était considérable : particulièrement à l'interieur et à l'extérieur, cinq compagnies de gardes mobiles, plus une compagnie de gendarmes, plus tous les effectifs de police et de gendarmerie du secteur étaient sur le pied de guerre. Soit plus d'un millier d'hommes.
Ouest-France