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Les téléphones mobiles passent parfois sur le réseau international des îles anglo-normandes dans certains endroits de La Hague. Ici à Carteret. Comment expliquer ce bilinguisme de la téléphonie mobile ? « Il y a deux soucis, présente Vincent Fillion, chef de projet au syndicat mixte Manche Numérique. Premièrement, la mer propage très bien les ondes. Les relais sur les îles rayonnent donc extrêmement bien. Nous ne pouvons pas arrêter ces ondes électromagnétiques. Deuxièmement, la côte normande est escarpée et plus compliquée à couvrir. » Et les opérateurs ne se bousculeraient pas au portillon pour couvrir cette zone « grise » : pas assez rentable. « Les opérateurs sont les seuls maîtres à bord de leur déploiement, explique Vincent Fillion. Pour 2008-2009, l'ARCEP (Autorité de régulation des communications électroniques et des postes) leur a fixé un objectif prioritaire : la couverture des grands axes de circulation. Le reste est soumis à leur bon vouloir. » Une chance pour la Nationale 13 et ses usagers, pas pour La Hague.
Un mur anti-ondes
La solution ? « Il faut densifier le réseau français, pour que le téléphone capte un relais supérieur en puissance », avance Vincent Fillion. « Mais même avec cela, nous n'avons aucune garantie absolue qu'il ne reste pas un seul cm2 de zone grise. » Manche Numérique, conscient du problème, reconnaît qu'il y a un vide juridique et administratif. « Les collectivités n'interviennent pas, sauf à éliminer les zones blanches. Nous comptons organiser des discussions avec les acteurs de la téléphonie mobile pour régler le problème. On s'engage à communiquer d'ici la fin de l'année sur les différentes zones blanches et grises du département. »
Pour le directeur régional de France Télécom, « il n'y a aucun moyen technique pour arrêter ces ondes. A moins de mettre un gros pylône sur la plage ou un mur anti-ondes... Mais je ne suis pas sûr que c'est ce que souhaitent les gens... » Jean-Michel Ombrouck relativise : « nos côtes sont plutôt bien couvertes, parce qu'elles sont des zones touristiques. »
Des notes salées
Jean-Michel Ombrouck, qui a vécu près de la frontière belge, souligne que les « ondes ne s'arrêtent pas à la frontière. » Ce qui a ses inconvénients : la facturation internationale pour ceux qui disposent d'une option de « roaming » (passer de son opérateur national à un opérateur étranger). Mais aussi ses avantages, comme celui, dans la Manche, de capter les radios anglaises BBC2, Radio 1, Jersey Radio ou encore 103, voire les chaînes de télé anglaises.
Reste, pour les victimes de notes salées, la possibilité sur certains téléphones mobiles de verrouiller manuellement son réseau.
Nadine BOURSIER.