Quels espoirs pour l'AS Cherbourg ?
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Après leur entrevue avec Dietmar Guenther, les salariés de Sanmina ne se font aucune illusion. Face aux problèmes que rencontre l'usine Sanmina, dus au départ d'une grande partie de la production vers la Chine, le responsable européen Dietmar Guenther était présent hier jeudi sur le site de Tourlaville, afin de répondre aux inquiétudes grandissantes des salariés de l'entreprise. « La direction nous a dit que depuis le mois de juin, on perdait un million de dollars par mois et que cette situation ne pouvait pas durer ! explique Lionel Guillard, secrétaire CFDT du comité d'entreprise. La clôture des comptes devant intervenir fin septembre, le nouveau directeur, Jim Ferguson, devra dire si on a trouvé un nouveau client qui peut nous sortir du rouge, ou alors on s'achemine vers une fermeture du site ! » Le travail étant assuré jusqu'à la fin de l'année pour les 304 employés, la fermeture n'interviendrait qu'en début d'année 2008. « Les employés n'ont pas le moral, déplore le responsable CFDT du comité d'entreprise, Philippe Daireaux, et tout le monde se rend compte qu'on se dirige vers quelque chose de grave car, à moins d'un miracle, on ne s'en sortira pas. Ça fait cinq ans qu'on cherche des clients et qu'on paye des commerciaux qui ne ramènent rien, alors ce n'est pas en un mois que tout va se redresser ! À moins que les politiques se décident à nous aider... » En effet Bernard Cazeneuve et André Rouxel rencontreront prochainement le ministre de l'Economie, des finances et de l'industrie, afin de plaider leur cause, en soulignant que « Thales est un donneur d'ordres français, précise Philippe Daireaux, il doit maintenir le travail en France et notamment à Tourlaville. Et comme Alcatel nous a abandonnés, le seul espoir de nous sauver, c'est Thales car il n'y a pas d'autre gros client en vue. » Actuellement, les 304 employés en CDI et les 88 intérimaires sont partagés entre découragement et colère après avoir appris que « le nouveau directeur (qui ne parle pas Français), vient d'Angleterre où sa mission était de fermer une usine ! » Un des responsables de l'usine, contacté par téléphone hier soir, n'a pas souhaité s'exprimer sur le sujet.