Avec 23 points et un revers à domicile pour boucler l'année 2008, les Caennais espéraient mieux de cette première partie de saison. Ils donnent rendez-vous à l'année prochaine... : Stéphane GeufroiLES RÉUSSITES. La capacité à faire le dos rond en fait partie. Quand des nuages se sont amoncelés dans le ciel, les Caennais ont fait bloc. Ils n'ont subi aucune claque, à l'inverse de la saison passée (3-0 à Valenciennes et Saint-Etienne). Leur mental leur a toujours permis de réagir. Après chaque défaite, ils ont rebondi, brillamment même parfois (1-1 à Nancy après un revers face au Havre, 2-0 contre Saint-Etienne après une défaite contre Paris). Les greffes Savidan et Ben Khalfallah appartiennent également aux motifs de satisfaction.
LES RATÉS. Caen a laissé filer toutes les occasions d'aller voir ce qu'il se passe plus haut. « Il nous a toujours manqué un petit truc pour basculer du bon côté », râle Benjamin Nivet. C'est à domicile que le SMC a gaspillé ses cartouches. Il n'a tourné qu'à la moyenne de 1,5 point par match (15 points en 10 journées) contre 2,2 la saison précédente. Les retours au score émargent aussi aux lacunes. À six reprises, Caen n'a pas su conserver son avantage. « Quand on mène, expose Florian Boucansaud, on a le mauvais réflexe de trop vouloir protéger notre but ».
LE JEU. Caen a démontré sa faculté d'adaptation. Le phénomène n'est pas nouveau mais s'est confirmé avec force. L'an passé, déjà, après quelques mois, le promu normand avait rectifié le tir en délaissant son jeu à un seul milieu récupérateur. Cette fois, les joueurs ont jonglé avec tous les systèmes. L'épidémie de blessures (Eluchans, Deroin, Ben Khalfallah, Leca, Florentin) a obligé à de la géométrie variable. « On a dû composer avec les moyens du bord », a souvent répété Franck Dumas. Caen a tempéré sa soif de jeu, pour se retrousser les manches, quitte à évoluer contre nature avec sept joueurs à vocation défensive. « On prend aussi des points dans la souffrance, relève Grégory Leca. Même si c'est moins plaisant à voir... »
L'HORIZON. Il est surtout borné par le retour des blessés. Le milieu de terrain, décimé par le mauvais sort, est appelé à se repeupler. Après Fahid Ben Khalfallah, rétabli plus tôt que prévu, Anthony Deroin, Juan Eduardo Eluchans et Nicolas Florentin retrouveront le groupe après la trêve. « C'est un peu comme une 2e saison qui s'annonce », pense Rémi Gomis, forcé de se décaler dans l'entrejeu pour les besoins de la collectivité. Le Stade Malherbe ne tardera pas à mesurer les bienfaits d'un groupe étoffé. Dès le 3 janvier, soit cinq jours après la reprise de l'entraînement, il est attendu à Nantes, en 32e de finale de Coupe de France, puis se coltinera un 2e voyage à Valenciennes, le 10 en championnat.
LE MERCATO. Le front caennais devrait être calme. Dans le sens des arrivées, en tout cas. « L'effectif va se reconstituer, a tranché Dumas. Je ne vois donc pas l'intérêt de recruter ». Recruter, non, mais dégraisser pourquoi pas ? L'IFK Göteborg, informé que Karl Svensson ne jouait que les utilités à Caen, a envoyé un représentant à d'Ornano l''autre jour. Le défenseur suédois, dont le mal-être saute aux yeux, pourrait retourner dans son club formateur. Stéphane Zubar attend l'ouverture du mercato, le 1er janvier, pour filer dans un club de D2 anglaise. Sans avoir jamais joué un seul match pro à Malherbe.
Jean-Pascal ARIGASCI.

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