L'avenir de Sanmina sera scellé en octobre
Forte mobilisation hier encore devant les grilles de l'usine Sanmina à Tourlaville.
Nouvelle manifestation des Sanmina hier à Tourlaville. Le personnel met la pression en attendant les négociations de prix pour le contrat Thalès.
La mobilisation se poursuit pour les Sanmina. Hier après-midi un débrayage a eu lieu devant l'entreprise à Tourlaville. La quasi-totalité du personnel, trois cents employés, y participait. Il y avait aussi des représentants d'autres entreprises sous-traitantes, comme ces femmes de Semho Elec, de Tourlaville, qui montent des cartes informatiques pour Sanmina. Leur entreprise emploie une quinzaine de salariés. « Notre direction nous a annoncé qu'on n'avait plus de boulot dès le début du mois d'octobre. C'est une des conséquences des baisses de charge de Sanmina », commente l'une d'elles. « Certaines d'entre nous, les intérimaires, finissent même demain. Nous fonctionnons avec des contrats à la semaine ». Pourtant, les Sanmina se démènent pour ne pas sombrer. On le sait, l'entreprise est sous la menace de la délocalisation de ses contrats en Chine, et fait pression pour que les principaux donneurs d'ordre comme Thalès, maintiennent leurs fabrications sur le territoire national. « le patron du site, Jim Ferguson a été reçu ce matin au ministère pour essayer de nous appuyer sur les contrats Thalès. » note Jean-Luc Postel, syndicaliste CGT. Une négociation des prix du contrat TW3, doit avoir lieu avec Thalès le 21 septembre. Le 1er octobre, une délégation de Rockwell-Collins, qui pourrait apporter des contrats, doit visiter le site de Tourlaville. « En fonction de ces négociations Jim Ferguson fera des recommandations à Dietmar Gunther, le directeur de la branche européenne de Sanmina. Tout dépendra des contrats engrangés » dit-on sur le site. Pour autant, l'optimisme n'est pas de mise à Tourlaville : « A technologie égale, nous sommes cinq fois plus chers que les Hongrois, et dix fois plus chers que les Chinois. » En attendant, la mobilisation reste forte : une nouvelle grève est prévue mercredi 19 septembre ; et de multiples courriers ont été envoyés aux mairies de l'agglomération pour faire pression sur le ministre de l'économie et des finances, Christine Lagarde. Dans la même optique, les Sanmina ont prévu de s'inviter au conseil municipal de Tourlaville le 25 septembre. Thierry DUBILLOT.
Ouest-France